[Communiqué de presse Vert·e·s] Politique agricole : un secteur alimentaire d’avenir a besoin d’une autre orientation
Aggravation de la crise climatique, perte considérable en biodiversité et forte pression sur les prix posent à l’agriculture des défis de taille. Or, la politique agricole 2030+ proposée par le Conseil fédéral aggrave les problèmes. Car elle bétonne un secteur alimentaire qui n’a pas d’avenir. A contrario, la Suisse doit avoir pour objectifs de produire des aliments sains, de protéger ses ressources naturelles, d’offrir des revenus équitables, de mieux protéger le climat et de respecter le bien-être animal. C’est pourquoi le groupe des VERT-E-S dépose un large éventail d’interventions en faveur d’une politique agricole durable à même de réaliser ces objectifs.
La population souhaite avoir des aliments sains, produits de manière durable et équitable en préservant l’environnement, ce qui est incompatible avec un secteur agro-alimentaire axé sur la recherche de profit à court terme. C’est pourquoi les VERT-E-S défendent une agriculture qui préserve à terme ses bases économiques et écologiques. « Nous voulons une agriculture qui puisse à nouveau être fière de ses précieux produits, fière de son travail qui respecte la nature et qui obtient la reconnaissance qu’il mérite», déclare Aline Trede, présidente du groupe parlementaire des VERT-E-S. « Nous devons arrêter de nous focaliser sur la quantité et les prix bas pour nous intéresser plutôt à la qualité et aux coûts réels. »
La politique agro-alimentaire Verte reconnaît clairement les exploitations paysannes familiales, qui fournissent jour après jour une contribution essentielle à la société et sont en butte à la pression du marché globalisé sur les prix. « Un environnement en bonne santé et une agriculture paysanne forte sont les deux faces d’une même médaille », explique Sophie Michaud Gigon, conseillère nationale VD. « Notre vision concilie les intérêts des producteurs et productrices, des consommateurs et consommatrices mais aussi de la nature. Un approvisionnement durable en aliments sains n’est possible que lorsque les sols, le bétail et les familles paysannes vont bien. » Le bouquet d’interventions (ci-dessous) déposées par les VERT-E-S entend servir de boussole pour réorienter la politique agricole 2030+.
Encourager la production de valeur locale et les produits régionaux
La qualité suisse et la durabilité doivent être rentables. C’est pourquoi les VERT-E-S montent au créneau contre la pression des importations bradées sur les prix – telles que celles encouragées par l’accord de libre-échange avec le Mercosur – et les marges inéquitables du commerce de détail. Une politique agricole durable doit être axée sur la justice sociale et régionale en encourageant des circuits de distribution courts et en les renforçant face aux chaînes d’approvisionnement opaques et une industrie alimentaire globalisée.
La création de valeur doit rester dans la région et chez les paysan-ne-s, étant bien sûr sous-entendu que la production alimentaire ne doit pas surexploiter la main-d’œuvre. Pour les subventions, cela signifie qu’elles doivent absolument être calculées en fonction de prestations concrètes en faveur de la biodiversité, du bien-être animal et du climat. Des subventions forfaitaires par unité de surface contredisent une politique agricole durable visant à transformer écologiquement l’agriculture.
Ménager les ressources et produire de manière efficiente
Nos ressources naturelles sont à la base de notre alimentation. Une agriculture durable doit par conséquent les protéger et les utiliser de manière efficiente. Cela signifie également réduire considérablement la concurrence entre la culture fourragère et la culture vivrière sur les terres arables de grande valeur, tant au niveau national qu’au niveau des importations étrangères. Une production de lait et de viande reposant sur les herbages fait partie intégrante d’une agriculture suisse écologique et indépendante.
De surcroît, davantage d’incitations sont nécessaires pour utiliser les terres labourables directement pour nourrir la population. Cultiver des protéines végétales est de loin le moyen le plus sobre en ressources de produire une alimentation responsable. Car celle-ci nécessite très peu de terrain, d’eau et d’énergie pour produire la même quantité en nutriments.
Il est également important de reconnaître que les animaux sont des êtres sensibles ayant des besoins propres. Une politique agro-alimentaire Verte va au-delà de la simple production de marchandises selon une pure logique d’efficience et ambitionne que l’agriculture prenne au sérieux sa responsabilité éthique envers les animaux.
Différents leviers à impact climatique
L’agriculture se trouve au centre des débats climatiques. Les répercussions – sècheresse, stress caniculaire, extrêmes météorologiques – affectent son existence même, alors qu’elle émet un septième des gaz à effet de serre suisses et doit donc impérativement jouer un rôle actif dans sa réduction. L’agriculture dispose de différents leviers pour contrer activement le réchauffement. Grâce à une gestion avisée, le CO2 peut être capté de l’atmosphère et emmagasiné durablement dans le sol. De même, il est possible, voire nécessaire, de produire de l’énergie propre tout en produisant des denrées alimentaires.
Bouquet d’interventions relatives à la politique agricole
- Motion Kilian Baumann: « Préserver la valeur ajoutée nationale : pas de promotions à prix cassés sur le vin »
- Motion Kilian Baumann: «Poursuivre la stratégie de qualité dans le cadre de la politique agricole »
- Motion Meret Schneider: «Pas d’importation de lait en poudre ni de beurre si ces produits sont disponibles sur le marché national »
- Motion Maya Graf: «Intégrer le renforcement de la vente directe et des circuits de distribution courts dans l’AP30 »
- Question Rudi Berli: « Calcul des revenus comparables entre l’agriculture et les autres secteurs. Questions de biais méthodologiques »
- Interpellation Delphine Klopfenstein Broggini: « Davantage de sorties en plein air pour les animaux de rente »
- Interpellation Clarence Chollet: « Accès effectif à l’extérieur pour les animaux de rente en Suisse »