La Suisse a perdu son statut d’élève modèle sur le plan international en ce qui concerne la sécurité routière. Usager·ère·s les plus vulnérables de la circulation routière, cyclistes et piétons payent année après année un tribut bien trop élevé, en décès et blessés graves

«Il existe des mesures efficaces pour améliorer rapidement la sécurité des cyclistes et des piéton·ne·s», déclare Delphine Klopfenstein Broggini, conseillère nationale et présidente de PRO VELO Suisse. «Ce ne sont pas les règles qui manquent, mais la volonté de les respecter et de les faire appliquer. Les cyclistes doivent eux et elles aussi apporter leur contribution». PRO VELO s’engage donc en faveur d’un comportement respectueux dans la circulation. Ainsi, des cours destinés aux enfants et aux adultes permettent d’enseigner et de mettre en pratique les règles de circulation ainsi qu’un comportement respectueux.

Compte tenu de l’augmentation du nombre de cyclistes et de la diversité des types de vélos, le manque de pistes cyclables de qualité devient de plus en plus flagrant. En matière de développement de pistes cyclables séparées, la Suisse est à la traîne par rapport à d’autres pays. La Loi sur les voies cyclables oblige certes les cantons à mettre en place un réseau de pistes cyclables attrayant et sûr d’ici fin 2042. Mais pour réduire le nombre de victimes de la route, il faut toutefois aller plus loin. PRO VELO demande notamment:

la fixation d’une distance minimale de dépassement des vélos par les voitures de 1,5 m. Une telle mesure est déjà en vigueur dans plusieurs pays européens, comme la France et l’Allemagne.
la sensibilisation des automobilistes aux besoins et à la sécurité des cyclistes, par exemple grâce à la «prise hollandaise» pour éviter les portières de voiture qui s’ouvrent à l’improvistes. Cette technique consiste à ouvrir la portière de la voiture avec la main droite. Le conducteur ou la conductrice voit ainsi mieux les vélos qui arrivent par derrière.
des contrôles plus fréquents de l’utilisation du téléphone portable au volant et des sanctions appropriées.

PRO VELO exige en outre que le nombre d’accidents soit mis en rapport avec le nombre de kilomètres parcourus et de fait l’augmentation de vélos vendus. Cela permettrait d’avoir une image plus claire de l’évolution du nombre d’accidents, qui ne diminue pas depuis des années pour le trafic cycliste. Une interpellation en ce sens sera déposée au Conseil national. «Aujourd’hui, les chiffres statistiques sont lacunaires et les conclusions qui en découlent sont en partie erronées», constate Delphine Klopfenstein Broggini.