[Pro Vélo] Des voies rapies pour le vélo et non de nouvelles autoroutes !
Berne, 28 janvier 2026 – Le conseiller fédéral Albert Rösti persiste et signe: la liste des projets prioritaires en matière de transport présentée ce mercredi ne contient aucun investissement dans les infrastructures cyclables, qui constituent pourtant la mesure la moins coûteuse et la plus efficace pour éviter les embouteillages dans les agglomérations. Le vélo est une fois de plus sous-estimé, critique PRO VELO: «Ce n’est pas le béton qui résoudra les embouteillages autoroutiers, mais des alternatives efficaces à la voiture», déclare la conseillère nationale et présidente de l’association Delphine Klopfenstein Broggini (Vert·e·s/GE).
Bien que le paquet d’extensions autoroutières ait été rejeté en votation en novembre 2024, le Ministre des transports Albert Rösti continue de miser sur des agrandissements autoroutiers. Selon lui, les coûts économiquesliés aux embouteillages justifient de nouvelles mesures d’infrastructure qui engloutissent des milliards de francs. PRO VELO montre toutefois qu’il existe d’autres solutions qui permettent de lutter contre les embouteillages de manière non seulement moins coûteuse, mais aussi plus efficace.Les embouteillages ne résultent en effet pas d’un manque de routes, mais d’une concentration excessive de véhicules aux heures de pointe. Une réduction de 10 à 15% du trafic aux moments clés suffirait à réduire considérablement les embouteillages, voire à les faire disparaître.
Selon des estimations prudentes, environ la moitié des trajets effectués sur les tronçons urbains des autoroutes et des semi-autoroutes sont inférieurs à 10 km. «Même si seulement un cinquième (20 %) de ces trajets courts étaient effectués à vélo ou à vélo électrique, l’allègement nécessaire de 10 % serait atteint», souligne Hasan Candan, conseiller national et vice-président de PRO VELO (PS/LU).
En Suisse, des liaisons cyclables de haute qualité ne coûteront qu’une infime partie des 10 milliards de francs prévus pour l’extension des autoroutes d’ici 2045. «Le vélo est un véhicule d’avenir, surtout avec les innovations dont bénéfice la mobilité cyclable, rappelle Delphine Klopfenstein Broggini. Grâce aux vélos cargos, de nombreux trajets auparavant effectués en camionnette ou en voiture sont devenus silencieux et respectueux de l’environnement. L’espace public est plus sûr et est réparti de manière plus équitable entre toutes les usagères et tous les usagers.»
En bref: un réseau cyclable sûr et continu dans les agglomérations permettra de réduire les embouteillages à moindre coût, de manière plus saine et plus respectueuse du climat que ne le permettraient jamais les extensions d’autoroutes. PRO VELO demande que le potentiel du vélo soit enfin pris au sérieux dans la politique des infrastructures, d’autant plus que la Confédération s’est fixé pour objectif de doubler le nombre de pistes cyclables en Suisse. De leur côté, les cantons doivent mettre en œuvre la loi sur les pistes cyclables. «Le vélo est une alternative d’avenir, renforcée par les progrès constants réalisés dans le domaine de la mobilité cyclable», conclut Delphine Klopfenstein Broggini.